P.E.N Club Français
FRANCE INTERNATIONAL FRANCOPHONIE LIENS PRIX & CONCOURS PARTENARIATS LA LETTRE NUMERIQUE

ADAGES

mardi 15 juin 2010

Voici un court texte de M.A.Azad, écrivain et journaliste d’Azerbaïdjan du Sud, dont nous avons tenté de vous donner une traduction fidèle.

ADAGES I

Ma mère disait

Un : « Il y a des poètes qui n’écrivent jamais, mais ils vivent... Il y a des poètes qui écrivent beaucoup, beaucoup trop, ils ne vivent jamais… »

Deux : « Le poète qui connaît la rue, il ne perd pas la ville au carrefour »

Trois : « Ecrire debout sur ses pieds (par exemple dans une cellule), marcher et ressentir les pieds comme ils sont : ça aussi c’est une sorte de poésie »

Quatre : « De rien au vide. De l’être au néant. De toi à moi : nous ne sommes pas de la même substance, parce que nos rêves ne sont pas semblables »

Cinq : « Les boutons battent dans le cœur. On peut vivre aussi sans chemise, mon fils ! »

Six : « A quoi servent les gants, ô, belle ! si les mains sont belles... »

Sept : « Qu’est-ce qui est aussi simple que la vie. Si on pouvait vivre tout simplement »

Huit : « Les mères pourraient vivre sans heure : si le Soleil les aidait » Neuf : « Si on ne pensait pas à penser, on vivrait »

Dix : « Si tu te déshabillais de tes pensées, tu m’aimerais »

Onze : « Dans l’Unité, le futur de la beauté se fane sans faire éclore aucun bourgeon »

ADAGES II

Mon père disait :

Question : « Pourquoi personne ne pense à la lourde fatigue que ressent le chemin, pourquoi ? »

Zéro : « Quand les Indiens pétrissaient la pâte du Zéro, à quoi pensaient-ils ? Pourquoi pensaient-ils ? »

Miroir : « Si je pouvais compter les fatigues des rides de mon visage, ah !... »

Bonheur : « Si la voix du pont fait sursauter les petits poissons, elle caresse ce que j’ignore en un lieu que je n’aperçois pas »

Rêve : « Ma racine : c’est une silhouette sans ombre. Mon ombre est le nid des silhouettes. Je suis une mer sens dessus dessous : sans souvenir, sans rêve » Lointain : « Bleu, tout bleu, cette eau pure, même si elle ne le veut pas : dans l’horizon lointain -oui, l’horizon lointain-, un jour sans qu’on sache lequel, s’évanouira »

Mort : « Moi, même si le sursaut de la mort survient, je peux aller à sa rencontre -oui, vers elle, - j’ai tout appris de cette eau si bleue et si pure »

Moi et l’autre : Il ignore mon passé, mon présent. Il ignorera mon futur aussi. Moi, il ne peut pas m’ignorer . -Regardez !- Moi j’existe, je suis devenu et je serai. »

Traduit du turc azerbaïdjanais par Süleymanoğlu et Jeanne Gamonet

Derniers articles de la rubrique :