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FESTIVAL HOMMAGE A SI MUH U M’HEND (KABYLIE)

mardi 12 octobre 2010

Poésie de l’amour, poésie de la lutte, poésie de la liberté, poésie de Si Muh Um’hend, le festival d’Azzefoune, Aghribs, Tizi Ouzou a célébré la poésie dans une rencontre immense , généreuse et chaleureuse des poètes des deux rives entre Djurdjura et Mé-di-ter-ra-née tel que le profère Yvan Tetelbaum. Le courant d’eau et d’azur du poème a remplacé les courants de sang ou de haine, de l’épopée du poète au lyrisme de l’histoire commune « Ô ma tête, fais jaillir un poème », fais jaillir un poème qui consacre l’amour et la joie de nos retrouvailles Cette marche ensemble pour démêler, élucider, percer l’inconnu nous a rassemblé autour d’un poète de la liberté et de l’errance Si Muh Um’hend. Devons nous nous lamenter sur les peuples vaincus, écrasés désemparés, les sociétés dépossédées et menacées de désagrégation sans chanter ce qui sauve l’humanité entière, c’est-à-dire la fraternité et l’amour ? La poésie interroge l’être et le monde, questionne les idées préconçues et les préjugés, j’ai entendu ce mot, dans la bouche d’une femme kabyle, qui habite mon parler occitan d’Auvergne « assavoir », c’est à dire le doute méthodique, le questionnement sur la vérité, la remise en cause des certitudes établies, des fissures dans les murs du dogme. Si la poésie contient les inquiétudes et les revendications de la société, la recherche de la Vérité se pose comme dans les mots qui questionnent les vérités qui mentent, celles du fruit qui présente des dehors séduisants alors qu’il est rongé par les vermines en son sein. Alors à quoi souscrire ? à l’angoisse de l’être devant la mort ou à la vérité de l’amour dans l’élan bienfaiteur des rencontres, des rêves et des résistances ? Peut-être faut-il plus de sagesse et éprouver la totalité de vivre : peut-être faut-il tout accepter la joie et la tristesse, la revendication et la réconciliation, l’air torride des Noces de Camus comme l’air soulevé des tempêtes, le sable sec comme l’eau des vagues qui renouvelle sans cesse le mouvement des êtres. La parole muselée et les libertés confisquées brisent elles-mêmes les murs érigés par les tyrans, que la vérité finit toujours par rattraper. Ne pas fléchir, ne pas rompre, c’est ce qui unit les voix des peuples libres. Alors pour que les paroles des poètes fondent autre chose que du discours, il faut continuer et à l’élan premier des rencontres, des rêves et des résistances, il faut fonder l’universel de ces instants par d’autres mots qui sont connaître, aimer et protéger et en établissant les preuves initiées par ce festival dans sa totalité de vivre libre.

Pèlerinage au village de Si Muh u M’hend

A un nuage de la mer, la montagne, roc dénudé posé sous le ciel lumineux Le village est niché au flanc de montagne, terre de pierre. Sur les parois, on cherche des signes, qui brillent Des lettres calligraphiées dans la lumière crue du soleil De loin, on observe les gestes d’aujourd’hui dans le temps antique du poème La mémoire de Si Muh u M’hend se reflète dans sa terre, et chacun ouvre la voix A son espace d’errance. Tu es libre Si Muh u M’hend, tu es libre et vivant dans chaque parcelle d’amour, Dans le geste infime qui nous rend à l’exil Dans la confidence qui nous sépare dans la présence qui unit le matin ancien où tu nous réveilles dans la promenade du ciel où tu nous conduis entre égarement et solitude entre rêve et audace quand la houle du vent où éclot la minute de silence pour tes martyres

Nicole Barrière Octobre 2010

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