Le carnet et les instants – 13.04.2020

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Nous apprenons le décès, survenu le 12 avril au soir, de Jacques De Decker (né le 19 août 1945), écrivain, passeur de littérature et secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique.

Germaniste de l’ULB, Jacques De Decker a consacré son mémoire au théâtre d’Hugo Claus. Un geste qui témoigne déjà de son intérêt pour le théâtre, les littératures non francophones – et particulièrement la littérature flamande. Il se lance rapidement dans l’adaptation d’oeuvres théâtrales : de Shakespeare, Goethe, Strindberg ou Tchékhov, il reprend les oeuvres et les adapte pour la scène belge francophone.

Adaptateur, il l’est pour le cinéma, collaborant étroitement dans les années 1970 avec le réalisateur Jean-Pierre Berckmans. Isabelle devant le désir est ainsi une adaptation de La Délice de Maud Frère.

Enseignant à à l’École d’Interprètes Internationaux de l’Université de Mons (langue et culture néerlandaises), à l’Insas, au Conservatoire de Bruxelles (histoire du Théâtre), il devient en 1971 critique littéraire pour le journal Le Soir, dont il dirigera le service culturel de 1985 à 1990. Plusieurs recueils rassemblent ses articles critiques, notamment La brosse à relire, ouvrage réédité dans la collection « Espace Nord » en 2015.

En 1985, il publie son premier roman, La grande roue. Le livre figurera dans la première sélection du prix Goncourt. Le deuxième roman, Parades amoureuses (1990) figurera dans celle du Renaudot. En 1996, Le ventre de la baleine s’inspire des interrogations laissées par l’affaire Cools.

Homme de théâtre, romancier et critique, Jacques De Decker est également un éminent biographe, avec des livres consacrés notamment à Ibsen et Wagner. Il est élu à l’Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique (Arllfb) le 8 mars 1997, au fauteuil 8. Accueilli par Jean Tordeur, qui l’avait fait entrer au Soir, il succède à Albert Ayguesparse. En 1998, il relance Marginales, la revue créée par son prédécesseur.

En 2006, le germaniste est élu à la Koninklijke Academie voor Nederlandse Taal en Letteren, pendant flamand de l’Arllfb.

Animateur littéraire, observateur avisé et défenseur des littératures belges, il devient secrétaire perpétuel de l’Arllfb en 2002. Une fonction qu’il quitte à la fin de l’année 2019, à laquelle lui a succédé Yves Namur. Il a toutefois gardé un rôle actif au sein de l’institution : secrétaire perpétuel honoraire, il était en charge de l’organisation des manifestations commémorant le centenaire de l‘Arllfb, créée en 1920.

Dans une interview accordée au Carnet et les Instants à la fin de l’année 2019, celui qui était encore secrétaire perpétuel pour quelques semaines évoquait le rôle de l’Académie et son importance dans les temps troublés que nous vivons. Un entretien à retrouver ici. 

Avec Le Carnet et les instants

mise à jour 16h50:


Le Pen Club de France vient de rendre hommage à Jacques De Decker : 

Le PEN club français, l’ensemble de son Comité et de ses membres, en particulier ceux engagés dans le dialogue de la francophonie, adressent à tous les membres du PEN club Belgique et aux proches de Jacques De Decker, ses plus sincères condoléances.
Nous mesurons d’autant plus la perte que nous subissons tous que Jacques était venu avec beaucoup d’humanité et de bienveillance, tout grand lettré qu’il restera à nos yeux, dans nos esprits et dans nos bibliothèques, participer à nos Rencontres de Paris en janvier dernier.
 

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