Le Comité des Écrivains pour la Paix constate avec inquiétude l’intensification de la guerre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan pour le contrôle du territoire du Haut-Karabakh. 

En effet, de nouvelles hostilités ont débuté par une attaque de l’Azerbaïdjan le 27 septembre dernier.   

Or, il s’agit d’un conflit profondément enraciné, qui a montré sa faculté à resurgir avec une recrudescence de violence sur plusieurs générations ; remontant aux décisions prises par Staline en 1921, à une époque où il cherchait à déterminer de nouvelles frontières entre l’Europe de l’Est et l’Asie centrale sans prendre en considération les questions ethniques qui se posaient.  La communauté Internationale, en particulier l’Organisation des Nations Unies et le Conseil de l’Europe, a appelé tout au long de ce siècle à mettre fin aux attaques à la fois contre les Azerbaïdjanais et contre les Arméniens, leurs personnes, leurs biens et leur culture. 

La solution à ce conflit ne réside donc pas dans une victoire de l’un ou l’autre Etat, mais plutôt dans la recherche d’un règlement pacifique négocié qui permette à tous ceux qui vivent dans cette région de coexister en paix.  La perspective de parvenir à une solution pacifique n’est malheureusement pas facilitée par la prise de position en faveur de l’un ou de l’autre des États émanant des puissances régionales environnantes, telles que la Turquie, l’Iran, et la Russie, qui se livrent à une rivalité en termes d’influence sur ces territoires depuis plusieurs centaines d’années. 

Le Comité des Écrivains pour la Paix est donc particulièrement préoccupé par cette recrudescence de brutalité, qui semble alimenter une escalade de violence à travers la région et le long des frontières avec la Turquie ; ce qui n’est pas sans rappeler l’époque de l’Empire Ottoman. De telles ambitions, qui peuvent être qualifiées de rétrogrades, ne facilitent donc ni un retour à la paix, ni le respect des droits humains.  La liberté d’expression, dans la plupart de ces pays, est plus que jamais restreinte par la censure, l’intimidation et la violence. Ce n’est d’ailleurs que très récemment que la situation s’est améliorée en Arménie. 

Néanmoins, la vie des citoyens est toujours marquée par des informations délibérément tronquées, une histoire « revisitée » et par la propagande. A cela s’ajoutent également des attaques sans justification, au moyen d’artilleries lourdes et d’une nouvelle génération de missiles, orchestrées par des dirigeants à l’esprit malveillant. 

Pour toutes ces raisons, le Comité des Écrivains pour la Paix appelle à ce que les cessez-le-feu soient respectés par tous les protagonistes. Il appelle aussi à ce que les pays voisins cessent d’envenimer les choses et que l’on permette à la population d’accéder à une information libre pour assurer une paix durable. 

Le Comité demande également à ce que des mesures visant à reconstruire ces territoires soient prises. 

Le Comité des Écrivains pour la Paix appelle enfin tous les écrivains du Caucase à se rassembler dans la solidarité, pour célébrer la littérature et aider les populations.