Lundi 11 Novembre 2019 – 12:00am

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11 Novembre 2019 – Le PEN Delhi et le PEN Inde du Sud condamnent la récente révocation par le Gouvernement indien du statut OCI (Overseas Citizen of India) dont bénéficiait l’écrivain et journaliste Aatish Taseer. Ce statut, octroyé à des millions des personnes, équivaut à un visa permanent pour ses détenteurs. Jusqu’au mois de Septembre de cette année, Aatish Taseer, citoyen britannique possesseur d’une carte verte (US Green Card), était l’un de ceux-ci. 

Plus encore, une des conséquences possibles de la révocation du statut OCI octroyé à Aatish Taseer est son inscription sur une liste noire concernant l’obtention d’un visa pour l’Inde, ne s’agirait-il que d’un visa standard pour touriste. Cela signifie qu’Aatish, qui a grandi en Inde où il vit depuis l’âge de deux ans, pourrait alors être empêché de voyager dans ce pays. Il serait, selon ses propres mots, un “exilé”.

Le risque qu’il soit inscrit sur cette liste noire s’est aggravé, le Gouvernement ayant prétendu qu’Aatish Taseer avait “dissimulé le fait que son père, aujourd’hui décédé, soit d’origine pakistanaise”. Le Gouvernement l’a également accusé d’avoir “obtenu une carte OCI au moyen d’une déclaration mensongère et d’une dissimulation de faits matériels”.

Pourtant, dans sa candidature, Aatish Taseer a inscrit le nom de son père et n’a jamais cherché à masquer son identité. En fait, plusieurs de ses livres – aux critiques et aux lecteurs nombreux – traitent largement de son passé.

Les parents d’Aatish Taseer ne se sont jamais mariés et étaient séparés lorsqu’il a déménagé en Inde avec sa mère, la journaliste indienne de premier plan Tavleen Singh. Mère célibataire, Tavleen Singh fut la seule responsable d’Aatish Taseer, qui a passé la majeure partie de sa vie ici.

Aatish Taseer a été séparé de son père, Salman Taseer – qui partage une double origine britannique et pakistanaise et vivait au Royaume-Uni à l’époque de sa brève relation avec la mère de celui-ci. Aatish Taseer n’a pas rencontré son père avant l’âge adulte.

Jusqu’à ce mois de Septembre, le Gouvernement n’a à aucun moment mis en doute ou contesté le statut OCI d’Aatish Taseer. 

Plus tôt cette année, en mai 2019, au milieu d’une saison électorale indienne sujette à controverse, Aatish Taseer a signé un article illustré en couverture du magazine TIME intitulé “Le Diviseur en Chef de l’Inde”, critiquant le Premier Ministre Indien et le parti au pouvoir (ainsi que l’opposition). Cet article a conduit à une plainte officielle du Gouvernement Indien et à un harcèlement en ligne soutenu, tout en donnant lieu à des déclarations visant à discréditer Aatish Taseer de la part du parti au pouvoir et du Premier Ministre.  

Le PEN Delhi et le PEN Inde du Sud sont préoccupés par le fait qu’Aatish Taseer a été ciblé en représailles de ses écrits et appellent à un réexamen de cette décision ainsi qu’au rétablissement de son statut OCI. Le refus de laisser des écrivains et journalistes accéder au pays a un effet de blocage sur le débat public et va à l’encontre des traditions indiennes d’ouverture et de liberté dans la discussion, tout en affaiblissant sa réputation en tant que démocratie.