7 août 2019 – Le 3 août 2019, le Gouverneur de la Préfecture d’Aichi au Japon a annoncé la clôture d’une exposition intitulée “‘After “Freedom of Expression?” trois jours seulement après son inauguration. 

L’exposition, qui a ouvert ses portes le 1er août dans le cadre de la Triennale d’Aichi 2019, mettait à l’honneur un certain nombre d’oeuvres ayant, par le passé, été retirées d’expositions publiques, parmi lesquelles un poème de soutien au pacifisme ainsi que ““Statue of a Girl at Peace”, une statue représentant l’une de ces femmes coréennes réduites en esclavage sexuel par l’armée japonaise au cours de la Seconde Guerre Mondiale. Sa fermeture a conduit plusieurs milliers de personnes à signer une pétition en ligne pour appeler le Gouverneur à revenir sur sa décision. 

Selon les rapports de médias, l’exposition doit sa fermeture à l’existence de menaces terroristes. Des rapports indiquent toutefois que les représentants du gouvernement local avaient appelé à sa fermeture car elle “bafouait les sentiments des citoyens japonais”’. 

Au cours de la Seconde Guerre Mondiale, des dizaines de milliers de femmes, originaires pour la plupart de Corée mais également d’autres Pays d’Asie de l’Est, ont été forcées de fournir des services sexuels aux soldats japonais. L’exploitation de “femmes de réconfort” est un sujet sensible au Japon, où les nationalistes contestent l’enrôlement forcé des femmes coréennes à une échelle institutionnelle. Au mois de décembre 2015, le Japon et la Corée du Sud se sont accordés sur un règlement officiel définitif de cette question, à l’origine de tensions entre les deux nations depuis de nombreuses années ; le Japon a consenti au versement de la somme d’1 milliard de Yen (environ 9.2 D$) à un fonds d’assistance aux victimes survivantes (alors au nombre de 43), la Corée du sud ayant accepté de considérer que le problème était désormais réglé. Le différend international s’est poursuivi en 2017, s’illustrant par des conflits sur des statues commémoratives devant le Consulat coréen de Tokyo et le rappel d’un émissaire japonais en Corée du sud. En 2018, le maire d’Osaka a mis fin au jumelage de la ville avec San Francisco pour protester contre l’installation d’un monument représentant des femmes de réconfort originaires de Corée, de Chine et des Philippines. 

Retrouvez le communiqué du PEN Club japonais ici (en japonais)