Après 6 mois d’assignation à résidence, l’écrivain chinois naturalisé australien, Yang Hengjun vient d’être transféré dans un centre de détention criminelle à Beijing. Son avocat a déclaré qu’il devrait officiellement faire l’objet d’une inculpation, car les autorités chinoises le soupçonnent d’espionnage, ayant mis en danger la sécurité nationale.

Âgé de 54 ans, Yang Hengjun, sous le pseudonyme de Wei Shi, est l’auteur d’une trilogie de romans d’espionnage qui met en scène un agent double américano-chinois qui ne travaille en définitive pour aucune des deux parties. Ses romans sont interdits de publication en Chine et ne sont disponibles que sur son blog.

Il a pour habitude de poster des commentaires satiriques à l’encontre du gouvernement chinois (il avait travaillé au ministère chinois des Affaires étrangères) sur Twitter. 

C’est lors d’une visite à sa famille en Chine qu’il a été arrêté en janvier dernier, et assigné à résidence, car soupçonné d’avoir compromis la «sécurité nationale ». Son transfert en centre de détention ouvre la voie à un acte d’accusation officiel, a annoncé son avocat, Mo Shaoping. De plus, « l’Australie continue d’avoir un accès consulaire et a de nouveau demandé qu’on lui accorde immédiatement un accès à ses avocats » précise t-il. L’épouse de Yang, Yuan Xiaolong, fait également l’objet d’une interdiction de sortie du territoire, selon l’avocat de la famille. 

Le gouvernement australien demande une clarification de l’affaire

La ministre des Affaires étrangères australienne, Marise Payne a déclarécette semaine « Le gouvernement australien est profondément déçu que le citoyen et universitaire australien, le Dr Yang Hengjun, ait été transféré en détention criminelle en Chine […] Nous appelons le gouvernement chinois à clarifier les raisons de la détention du Dr Yang et à veiller à ce que celui-ci soit traité de manière juste, impartiale et transparente. S’il est détenu pour ses opinions politiques, il devra être libéré

Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lu Kang, a quant à lui déclaré jeudi que l’affaire faisait « actuellement l’objet d’un complément d’enquête. Les organes chinois chargés de la sécurité nationale traitent ce cas en stricte conformité avec la loi et protègent pleinement les droits légaux de Yang Hengjun ».

Marise Payne a ajouté : « Le gouvernement australien est préoccupé par l’évolution [de l’affaire]. Nous continuerons à faire pression sur les autorités chinoises pour un traitement juste et humain, conformément aux normes internationales. Nos pensées vont au Dr Yang et à sa famille pendant cette période difficile. »

Human Rights Watch a également exhorté le gouvernement à « faire pression vigoureusement » pour la libération de Yang.

Via CNN.