Le PEN International et ses centres condamnent fermement l’arrestation des membres du PEN Club de Biélorussie. Cette nouvelle entorse à la liberté d’expression confirme nos craintes de voir ainsi restreindre significativement les droits fondamentaux ainsi que la liberté de manifester pacifiquement depuis les élections du 9 août 2020 en Biélorussie.

Une preuve additionnelle en est l’arrestation, le mardi 8 septembre, des membres et employés du centre PEN de Biélorussie qui participaient à une manifestation pacifique à Minsk. Parmi les personnes détenues figurent la secrétaire, poète et traductrice Hanna Komar, le chef de projet, poète et traducteur Uladzimir Liankievic et le traducteur Siarzh Miadzvedzeu. Leur arrestation, ainsi que celle de centaines d’autres personnes constitue
une violation de leurs droits à la liberté d’expression et d’association. Nous exigeons leur libération immédiate.

Contexte

Les semaines qui ont suivi l’élection ont vu les protestations des manifestants qui réclamaient la reprise de l’élection présidentielle être réprimées dans la violence. Selon les experts des droits de l’homme des Nations unies, 450 cas de torture ont été documentés. Le PEN CLUB est solidaire de ceux qui protestent pacifiquement et de la société civile biélorusse. Les médias indépendants dans le pays sont en première ligne à cet égard. Les journalistes qui ont tenté de couvrir les manifestations ont été détenus, harcelés et victimes de violences. Des journalistes étrangers et des journalistes biélorusses écrivant pour des médias internationaux ont vus leur accréditation annulée et au moins un journaliste aurait été expulsé et interdit de retour en Biélorussie pendant cinq ans. Entre-temps, les autorités ont bloqué l’accès à des dizaines de sites web de médias et perturbé la circulation de la presse écrite.


Les journalistes et les écrivains font partie des milliers de personnes qui ont été détenues au cours du mois qui a suivi l’élection. Au cours de la semaine dernière, au moins huit journalistes biélorusses ont été arrêtés pour avoir participé à des « manifestations illégales ».
Les créateurs et les travailleurs artistiques de Biélorussie ont également pris une part active aux manifestations pacifiques en mettant leur art au service de la liberté d’expression en dépit de la violence et de la répression qui en ont résulté. Le Pen Club est également préoccupé par les récentes accusations portées contre des membres du Conseil de coordination de Biélorussie, notamment contre la présidente du PEN de Biélorussie, la lauréate du prix Nobel Svetlana Alexievich, qui est toujours en liberté. Nous appelons les autorités à abandonner toutes les charges contre Svetlana Alexievich et les autres membres du Conseil de coordination. Nous croyons et soutenons pleinement le droit à la liberté d’expression conformément à la Charte du PEN et le droit concomitant de participer à des manifestations pacifiques.

Version française par le Pôle Traduction du PEN Français / Mardi 8 septembre 2020
Illustration : Pau Gasol Valls