Déclaration du PEN Suédois sur le harcèlement subi par Ak Welsapar

L’écrivain et journaliste Ak Welsapar, en exil en suède depuis les années 1990, vit depuis longtemps sous la menace du régime Turkmen. Les menaces se sont récemment intensifiées. 

“Cela est d’une extrême gravité et je compte sur la police suédoise pour aborder sérieusement cette escalade dans les menaces”, a déclaré Jesper Bengtsson, Président du PEN Suédois. 

Avant son indépendance, en 1991, le Turkménistan faisait partie de l’Union Soviétique. Depuis lors, le pays vit sous un régime totalitaire : un seul parti est autorisé et toute opposition interdite. Les médias Turkmen sont détenus et contrôlés par le régime ; les programmes de télévision et les sites Internet sont fortement censurés.

Ak Welsapar a fait l’objet de persécutions lorsqu’il oeuvrait comme écrivain et journaliste au Turkménistan. A plusieurs reprises, il a été arrêté pour être interrogé avant d’être considéré comme un “ennemi notable du peuple”. Ses livres ont été incinérés, sa femme a perdu son emploi et son fils a été contraint de quitter l’école. En 1994, Ak Welsapar et sa famille ont trouvé refuge en Suède.

Depuis qu’il réside en Suède, il a inlassablement poursuivi ses publications. Il a publié plusieurs livres, de nombreux articles critiques sur son pays d’origine et il gère depuis 2016 une station radio sur Internet. 

Le harcèlement du régime n’a toutefois pas cessé et s’est même intensifié à la suite de la publication, cette année, d’une série d’articles examinant minutieusement les problèmes de santé du Président du Turkménistan. Notamment, l’adresse d’Ak Welsapar ainsi que celles de ses enfants ont été publiées sur Internet, accompagnées de menaces directes anonymes. Et même en Suède il y a une escalade dans le niveau de persécution. 

“Il est extrêmement préoccupant que le régime en place au Turkménistan harcèle un auteur et journaliste qui concentre l’essentiel de ses activités récentes en Suède. Actuellement, il y a une tendance offensive des régimes totalitaires à l’espionnage et à la persécution des écrivains et des autres auteurs, y compris hors des frontières de leur pays. La Police doit tout faire pour identifier la source de ces menaces,“ a déclaré Jasper Bengtsson.