Première audience pour l’équipe et les journalistes du quotidien Sözcü, 7 novembre 2018

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Les autorités turques doivent abandonner toutes les poursuites engagées contre neuf journalistes et membres de l’équipe du quotidien Sözcü, qui s’exposent à de longues peines de prison pour les actualités dont ils se sont fait l’écho, ont déclaré le PEN International et le PEN Anglais aujourd’hui dans la perspective du verdict qui doit être rendu à leur sujet très prochainement. Ce dernier était initialement attendu le 4 septembre 2019, mais l’autorité judiciaire (37th High Criminal Court of Istanbul) a ajourné l’audience au 28 octobre 2019.

Les accusations découlent principalement d’un reportage intitulé “Sözcü a trouvé Erdogan” publié dans le quotidien Sözcü en date du 15 juillet 2016, le jour de la tentative ratée de coup d’État qui a déclenché une répression sans précédent contre celles et ceux qui étaient considérés comme des critiques ou des opposants au gouvernement. Le reportage se concentrait sur le lieu où le président Erdoğan séjournait pour ses vacances, à Marmaris, dans le sud-ouest de la Turquie. La nuit du putsch, cette station a fait l’objet d’une attaque par des militaires qui étaient à la recherche du président. Des journalistes et membres de l’équipe de Sözcü sont accusés d’avoir communiqué l’adresse d’Erdoğan aux organisateurs du coup d’État, alors même que la localisation de celui-ci était publiquement connue et qu’il avait déjà quitté les lieux au moment de la tentative de putsch.

‘Une fois encore, en Turquie, le journalisme est mis en jugement. L’acte d’accusation dressé contre l’équipe et les journalistes du quotidien Sözcü est tellement tiré par les cheveux qu’il en est ridicule. Les accuser d’entreprise en relation avec la terreur parce qu’ils publient un article sur le lieu de villégiature du président défie la raison au-delà de toute compréhension. Les poursuites doivent être abandonnées’, a déclaré Salil Tripathi, Président du Comité pour les Écrivains en Prison du PEN International.

Gökmen Ulu, le journaliste de Sözcü rédacteur du récit, les chroniqueurs Emin Çölaşan et Necati Doğru, le rédacteur en chef Metin Yılmaz, le coordinateur Yücel Arı, l’éditeur du site Internet Mustafa Çetin, le responsable financier Yonca Yüceli et l’ancien responsable du site Internet Mediha Olgun ont tous été accusé d’avoir “consciemment et délibérément fourni une assistance à une organisation terroriste, sans participer toutefois à son organisation hiérarchique”. Ils risquent entre 5 ans et 10 ans d’emprisonnement s’ils sont condamnés. De son côté, Burak Akbay, propriétaire du journal, qui réside à l’étranger, a été accusé “de contrôler une organisation terroriste et de diffuser sa propagande”, faits passibles de 30 années de réclusion. La 37ème chambre de la Haute Cour Criminelle d’Istanbul doit rendre son verdict le 28 octobre 2019.

“Cela fait plus de deux ans que des procédures sont engagées contre certains des accusés, situation qualifiable de harcèlement judiciaire. Il est temps pour les autorités turques de mettre fin à cette affaire ridicule et de laisser les journalistes du quotidien Sözcü, ainsi que nombre de leurs homologues, faire leur travail sans crainte de représailles”, a déclaré Cat Lucas, Directeur du Programme pour les Écrivains en Danger du PEN Anglais. 

Des informations supplémentaires sur la situation de la liberté d’expression en Turquie sont disponibles ici.

Pour plus d’informations, contactez Aurélia dondo au PEN International, Koops Mill, 162-164 Abbey Street, London, SE1 2AN, UK Tel: +44 (0) 20 7405 0338 Fax  +44 (0) 20 7405 0339 e-mail: Aurelia.dondo@pen-international.org