Rencontre franco-grecque, à l’occasion du Bicentenaire de la Révolution grecque

Le 23 avril à 18 H 30 (heure française) : Rencontre franco-grecque, à l’occasion du Bicentenaire de la Révolution grecque, avec la participation du Pen grec et de l’Institut français qui accueillera des lectures d’écrivains contemporains de l’événement.

La rencontre est ouverte à tous mais, afin de recevoir le lien de connexion le veille de la rencontre : envoyer un mail (Objet : réservation pour le 23 avril) à : francais.penclub@neuf.fr

Rencontre organisée en collaboration avec l’Institut français de Grèce : https://www.ifg.gr

Il sera donné lecture de textes français et grecs datant de cette époque :
de Victor Hugo “L’Enfant grec”, de Lamartine – qui évoque Lord Byron – de Dionýsios Solomós,  d’une chanson populaire grecque, d’un extrait des mémoires de Yánnis Makriyánnis. 


L’amitié franco-grecque par Antoine Spire

La Grèce a commémoré le 25 mars dernier le bicentenaire de sa guerre d’indépendance. En 1821, l’État grec renaît sur une région exsangue où vivent moins d’un million d’habitants, dans un dénuement extrême, car la nation est coupée de ses cœurs économiques qu’étaient déjà Thessalonique et Smyrne notamment. Mais c’est l’empire ottoman qui a reculé, grâce à l’alliance conclue par la Grèce avec les grandes puissances française, russe et britannique. Encore faut-il préciser que cette indépendance s’est construite sous l’influence d’une élite, nourrie des idées des Lumières et de la Révolution française. Les grecs renouent avec un passé prestigieux qui a contribué à forger une identité nationale, débarrassée de la tutelle ottomane. Il faut dire que jusqu’à aujourd’hui les provocations du pouvoir turc furent et sont légion : qu’il s’agisse de la Libye, de la Syrie ou du Haut-Karabagh, la Turquie multiplie les opérations militaires allant jusqu’à menacer la Grèce.

Si la Grèce a commencé à se libérer en 1821, c’est aussi du fait des révoltes populaires venues notamment de paysans grecs exploités par les fonctionnaires ottomans. On sait que l’insurrection décisive est déclenchée à Patras ce fameux 25 mars 1821. Mais on n’insistera jamais assez sur la conjonction idéologique qui permet aux grecs de puiser aux sources de la révolution française et au mouvement européen « philhéllène » de s’inspirer du glorieux passé grec antique. Quand les amis des grecs se mobilisent en Europe occidentale ils rassemblent Eugène Delacroix, Hector Berlioz, Victor Hugo. Aussi ce dernier va-t-il nous accompagner ce soir avec Gustave Flaubert et Chateaubriand qui eux aussi ont vibré avec la révolution grecque. À l’époque, ils ont pesé sur leur gouvernement pour qu’il intervienne dans le conflit. Leurs voix furent écoutées et en 1827 la bataille de Navarin consacre la défaite ottomane. C’est ainsi que l’État grec reconnu par le traité de Londres devint une monarchie constitutionnelle qui perdura jusqu’à la dictature des colonels en 1967. De cette date est née une solidarité indéfectible entre la Grèce et La France.

Aujourd’hui encore, une petite partie de notre jeunesse s’initie très tôt au siècle de Périclès en apprenant le grec ancien ; elle retrouve avec plaisir les traces d’une langue grecque qui devient ainsi familière. Une bonne partie de nos intellectuels a vibré avec le projet d’Aléxis Tsípras et quand il s’est trouvé forcé de se rendre aux exigences de l’Union européenne sur le refinancement de la dette publique grecque, (malgré le rejet de celles-ci par l’électorat), le mouvement de solidarité franco-grec s’est amplifié ; apparemment sans résultat tangible, sinon un sentiment assez fort de sympathie dans le monde intellectuel. Depuis bientôt vingt ans, près d’un million de français se rendent chaque été en Grèce ; de plus en plus nombreux sont ceux qui ont goûté à la littérature grecque qui s’épanouit sous nos yeux depuis 1974 année du retour à la démocratie. Nous sommes conscients de l’explosion culturelle qui succéda aux années de guerre, de répression et de censure. Ainsi se sont renoués les fils oubliés de la poésie de la chanson et de l’histoire pour nous permettre de retrouver la trace et la trame de l’alliance qui en Grèce a si longtemps uni le poème à la voix et au chant.

Grâce à nos amis du Pen Grec, c’est une Grèce féconde et renouvelée qui vient vers nous aujourd’hui à la suite de nos initiateurs : Jacques Lacarrière, Vassilis Vassilikos, Nikos Kazantzakis ou Alki Zei.

Nous ne pouvons que souhaiter une riche suite à cette rencontre d’aujourd’hui qui commémore l’un des moments où nos deux peuples, mais aussi nos deux littératures ont consonné.


L’introduction du Président du Pen grec sera publiée ultérieurement.

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