Les Prix de la Traduction

Les Prix de la Traduction

Les prix de la Traduction du PEN Club français (2022)

Parrainés par l’Académicienne française Madame Barbara CASSIN

 

Depuis sa création en 1921, le P.E.N. Club fait une large place à la traduction, en raison de sa nature même : liberté d’expression, lutte contre la censure de tous types et par conséquent la nécessité de traduire les littératures du monde. Mais aussi de reconnaître la traduction comme un acte littéraire à part entière.

De fait, la traduction émaille la pensée autant que les activités des P.E.N. clubs du monde entier, dévoilant par là même qu’elle y est centrale. Elle est certes une écriture singulière, pas tout à fait équivalente à l’originale et pas exactement elle-même, et c’est bien en cela qu’elle constitue l’essence même des P.E.N. Clubs : elle tisse des liens par la littérature, devenant ainsi une connaissance mutuelle entre écrivains. Pourtant, Benjamin Crémieux affirmait en son temps « qu’il manque — dans l’acronyme P.E.N. — (et c’est dommage) une lettre pour désigner les traducteurs, dont on peut dire qu’ils forment le ciment des P.E.N. Clubs ».

Traduire revêt-il une connaissance particulière quant au genre littéraire auquel ce geste se rattache ? Voilà ce que propose d’observer et d’apprécier ces quatre nouveaux prix.

Chacun d’entre eux sera remis aux lauréats des quatre genres littéraires suivants : roman-récit-nouvelle, essai, poésie, théâtre. Ainsi, ils récompenseront la qualité d’une traduction dans un genre donné en tenant compte de ce qui caractérise outre l’intérêt du texte et de ses difficultés, ce que traduire un genre littéraire plus qu’un autre induit. Bien que les traducteurs et les traductrices glissent parfois d’un genre à l’autre, il n’en demeure pas moins vrai que ce passage requiert une connaissance linguistique et poétique singulière qui se reflète dans la langue de destination. Ainsi, traduire de la littérature relève aussi du champ esthétique des genres littéraires, sans pour autant en dénaturer le geste, l’engagement et la connaissance.

Ces prix saluent l’exercice linguistique d’une langue à une autre, et sa cohérence par rapport au texte premier. Le plaisir de la lecture en langue française sera apprécié en regard du déplacement qu’est une traduction. Dans le cas d’une langue rare, une lecture consultative relevant d’un expert pourra être demandée.

Seront pris en compte le style, la syntaxe, le rythme, les références et les caractéristiques de l’œuvre première. Enfin, ces prix sont aussi un atelier au sein duquel les membres des jurys débattront librement des questions que poseront les traductions reçues. L’équilibre entre le texte source et le texte cible sera privilégié.

La naissance de ces prix souligne également le désir de créer une communauté littéraire auprès des différentes organisations littéraires en France, à savoir l’ATLF (Association des traducteurs littéraires de France), le CITL (Collège international des traducteurs littéraires) et l’ATLAS (Association pour la promotion de la traduction littéraire), l’OIF (Organisation internationale de la francophonie), la SOFIA (Société française des intérêts des auteurs de l’écrit), qui seront autant de relais pour diffuser l’appel à texte.

La remise des prix se fera à Paris, le 10 janvier 2023.

David Ferré